Silvano Trotta, un de ces théoriciens du complot à « l’arrogance déstabilisante »

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« Les masques rendent malades », « le confinement tue »,quant à la crise sanitaire, qu’il surnomme « plandémie », elle aurait été orchestrée à dessein par Bill Gates, l’industrie pharmaceutique, les gouvernements ou les trois à la fois. L’auteur de ces affirmations ? Un chef d’entreprise de 53 ans, dont les thèses farfelues connaissent une audience grandissante.

Sur l’Internet francophone, Silvano Trotta, ufologue (spécialiste des ovnis) longtemps demeuré confidentiel, est devenu en 2020 l’une des stars montantes des discours covido-sceptiques. Sa chaîne YouTube a bondi de 15 000 à 170 000 abonnés, son compte Twitter a atteint deux millions de visites en novembre et son discours a trouvé des relais jusque dans le monde médical, comme Eve Engerer, une médecin généraliste suspendue pour avoir prescrit de fausses attestations contre le port du masque. « L’origine du virus, je ne la connais pas, mais les globalistes comme Jacques Attali avaient dit qu’il fallait la possibilité d’une pandémie pour mettre en place un gouvernement mondial. Cette pandémie était prévue par les globalistes », plaide-t-il auprès du Monde, suggérant un possible complot.

Au gré de sa production abondante (une quarantaine de tweets par jour), et entre deux saillies sur les incontestables ratés du gouvernement français, un cortège d’exagérations, de déformations des faits, de théories complotistes et de fausses informations. Comme une vidéo de l’infectiologue américain Anthony Fauci antidatée pour le faire passer comme opposant au port du masque ; une dénonciation sans preuve d’un supposé trafic pédophile sur des sites d’ameublement ; ou encore une vidéo triomphaliste sur un pseudo-remède miraculeux au Covid-19 – vue plus d’un million de fois, puis supprimée par YouTube.

« On a l’impression qu’on le connaît, qu’il est bienveillant »

A quoi est dû son succès ? Philippe, fonctionnaire, la cinquantaine, l’a découvert au printemps par ses vidéos critiques de la politique sanitaire française. « J’ai trouvé qu’il s’exprimait bien, j’étais séduit par son discours. Il m’a paru digne de confiance », admet-il. Comment se douter alors de son penchant complotiste ?Silvano Trotta présente bien : polyglotte, chef de deux entreprises de télécommunications dans la banlieue de Strasbourg, ancien dirigeant du Syndicat des télécommunications d’entreprise, autrefois cité par Les Echos, BFM Business ou les chaînes de salons professionnels.